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mardi 29 mai 2018

AMAZONIE I : direction PANTOJA, Pérou

Bonjour à tous,

Voilà la suite de nos aventures en Amazonie (le début ici


Alors, pour tout vous dire, ce n'est pas très simple de décider comment vous raconter notre séjour : que vous montrer ? Quelles photos choisir ? Rédiger des articles par thème ? Dans l'ordre chronologique ?

Bref, après réunion au sommet avec mon Assistant-Blogger, nous avons décidé de suivre plus ou moins l'ordre chronologique.

Donc, aujourd'hui, nous vous racontons notre départ de Coca le lundi matin jusqu'à notre arrivée au Pérou, à Pantoja, le mardi matin. Nous y resterons jusqu'au mercredi matin.

Les cartes pour vous situer : 

Ci-dessus, vous voyez entouré en rouge Coca, où nous avons laissé la voiture pour embarquer.

Ci-dessous, le trajet sur le fleuve jusqu'à Pantoja, Pérou.



250 kilomètres de fleuve à parcourir entre Coca (Puerto Francisco de Orellana sur la carte) et (Cabo) Pantoja, environ 10 heures de navigation, un arrêt au dernier village d'Equateur, Rocafuerte, où nous nous soumettons aux formalités administratives qui, vous ne le croirez jamais, ont pris pas mal de temps. Et on a n'a même pas eu droit à un tampon du Pérou sur notre passeport - déception.

Comme nous sommes partis un peu tard de Coca le lundi matin (retard sur les réparations du bateau)(franchement, c'est rare que les délais ne soient pas respectés ici)(<= ironie), nous n'avons pas pu naviguer jusqu'au Pérou le lundi même. Nous avons donc fait une pause à Tiputini, où nous avons passé la nuit avant de reprendre le fleuve jusqu'au Pérou le mardi matin.

Mais nous vous parlerons de Tiputini dans un autre article car nous y sommes revenus plus tard dans la semaine.






Prêts pour le départ !

Kesil, la petite chatte de Jonny et Paulina 
(notre capitaine et sa femme) est du voyage :-)

La folle équipe



En route pour le Pérou !
A fond la caisse !





Il n'y avait pas trop de trafic sur le fleuve mais nous avons quand même croisé quelques grosses barges qui transportent notamment des poids lourds sur l'Amazone depuis le Brésil puis sur le Napo, direction le Pérou ou l'Equateur.

Surprenant de croiser des poids lourds au milieu de la jungle !



Notre première journée de navigation a été récompensée par un magnifique coucher de soleil sur le fleuve. J'ai dû trier les photos et ça n'a pas été simple ; elles sont toutes tellement belles et le souvenir est magnifique.



















Après une nuit à Tiputini, nous arrivons au Pérou, à Cabo Pantoja exactement.




Le premier habitant péruvien qu'on croise est ce magnifique oiseau qui nous barre la route ;-)

Et cet autre, plus petit qui nous attend chez Marcela, 
chez qui nous allons.

La photo est floue (désolée) mais on voulait quand même partager avc vous : Nous voici avec la courageuse Marcela.

Là, c'est mieux ;-)
ici avec Maria, espagnole installée en Equateur, avec son mari

Marcela est Témoin depuis 14 années, la seule dans sa famille et dans le village. Pour faire court, à une époque, des missionnaires vivaient à Rocafuerte, en Equateur mais n'avaient pas le droit d'aller au Pérou ni de naviguer sur le fleuve à cause d'un conflit Pérou - Equateur. 

Ces vaillants missionnaires savaient qu'il y avait quelques villages isolés sur le fleuve, ont décidé de continuer à prêcher et ont trouvé la bonne idée d'écrire des lettres, de les insérer dans des bouteilles de Coca-Cola vides, d'y mettre une revue et de jeter le tout dans le fleuve. En se disant que quelqu'un récupérerait bien une bouteille un de ces jours. 

C'est comme ça que Marcela a connu la vérité et est devenue Témoin. Vous pouvez retrouver le récit dans la TG du 1er avril 2001 (page 18, paragraphe 15).

La congrégation la plus proche au Pérou est à 2 jours et demi de bateau de chez elle et en Equateur, c'est celle de Coca (250 kilomètres de fleuve). Elle ne peut pas assister aux réunions ; elle n'a pas de canoa et ne pourrait pas fournir le carburant de toute façon (pour rappel : 6 galons toutes les 45 minutes).

Et pour ceux qui se posent la question, elle ne peut pas déménager parce que son mari ne veut pas quitter Pantoja.

Après 7 années complètement isolée de tous (pas d'internet évidemment), la filiale d'Equateur a mis en place ce voyage de Coca jusqu'à Pantoja pour prendre soin d'elle. Nous, au départ, on pensait que le voyage servait à prêcher le fleuve et du coup à soutenir Marcela mais en fait, c'est l'inverse. C'est juste pour Marcela que le voyage existe et on en profite pour prêcher le long du fleuve. Preuve de la véracité de Hébreux 13:5.

Donc, une fois par mois depuis 3 ans, Marcela accueille dans sa maison-restaurant une quinzaine de frères et soeurs venus de toutes parts en Equateur, voire d'autres pays ! Et elle a droit à sa petite réunion de semaine.

La salle de restaurant de Marcela :

Le mardi midi, Ludo et moi étions de cuisine. Spaghettis, boeuf et légumes. Jusque-là, tout va bien.

Sauf que la "gazinière" est au feu de bois. Nous avons donc cuisiné, pour 18 personnes, sur ce fourneau. 

Et il faisait TRES TRES TRES chaud, alors au-dessus des fourneaux en plus de la température, on a transpiré sévère.

Et sans doute un peu dans les marmites. Mais nos "invités" ne nous en ont pas tenu rigueur (ça les a  même plutôt fait rire)(ils sont sympas)(et la sauce était bonne).






















Après le repas, nous sommes allés prêcher dans le village. 
Ludo et moi avons fait 2 portes... et 2 études ! 


















Rendez-vous de prédication dans la salle du restaurant et les curieux enfants du voisinage derrière les lattes de bois ;-)

Avec David, avec qui nous avons commencé l'étude













Après une bonne après-midi dans le territoire, sous une pluie diluvienne bien amazonienne (mais nous étions à l'abri chez David puis chez une autre famille), nous rentrons chez Marcela, et mangeons.

C'est mardi soir et nous transformons la salle de restaurant en salle de réunion ! Ci-dessous Abraham, le mari de Maria (cf. photo plus haut avec Marcela).

Vous êtes peut-être étonnés du matériel (écran, ordi, sono, etc.) ? En fait, on arrive avec tout le matériel et on l'installe.


En revanche, pour les sièges, on fait avec ce qu'il y a ; on n'apporte pas les fauteuils ;-)

Et détail typique, Ludo devait faire le discours public à la fin de la réunion (oui,l'étude biblique est remplacée par un discours pour que Marcela ait "presque" ses deux réunions en une.

Mais la pluie a recommencé à tomber au moment où il s'est levé et finalement, il n'a pas pu faire le discours car une pluie amazonienne sur un toit en tôle, ben, c'est pas vraiment possible. On a passé une vidéo, le volume à fond et on a pu (plus ou moins) suivre, en dépit de l'orage. 








Pour vous donner une petite idée du "son". Et il faut préciser qu'Abraham a une très grosse voix qui porte... 






























Dans l'après-midi, nous avons invité à la réunion les gens que nous avons croisés. En gros l'invitation c'est "il y a une réunion chez Marcela" => tout le monde se connaît, c'est pratique pour les "adresses"

Ce jeune est venu et, après la réunion, Rocio, une soeur qui s'est installée à Tiputini et qui fait donc le voyage tous les mois, a discuté avec lui :

- ça te dirait d'étudier la Bible ?
- oui
- quand est-ce tu peux ?
- maintenant

Rocio a sifflé Abraham qui a commencé l'étude après la réunion. Voilà, la prédication au Pérou ; c'est pas très compliqué non plus, on dirait !

Niveau confort,on fait aussi avec ce qu'il y a à Pantoja, et chez Marcela. Enfin, avec ou sans, en fait.

Pas d'eau courante, tout à l'eau de pluie (n'oublie pas ton petit seau pré-remplli en cas de gros caca)(je suis glamour, je sais).

Et s'il ne pleut pas, bah... tu te retiens ou tu vas au fleuve. (On a eu une averse diluvienne, alors on sait pas comment c'est quand il n'y a pas d'eau).

Toujours est-il que ce n'est pas super facile car chaque goutte d'eau est comptée. Tu laves tes légumes, tu gardes pour les WC ou pour faire ta vaisselle. Quand je dis "chaque goutte est comptée", je n'exagère pas. Marcela t'apprend à laver la vaisselle, les légumes, cuisiner en économisant l'eau et est vraiment attentive à ce que tu fais avec l'eau. 

Pour la douche .... pas de douche, en fait. Les garçons sont invités à aller se débarbouiller au puits du village ou dans le fleuve, au choix. Les filles peuvent se laver chez Marcela, dans la cuisine, dehors donc, où le soir venu, Marcela installe des bâches dans un coin et tu te laves à la bassine. 

S'il a plu, bien entendu.


Les WC spartiates
(mais ça reste pratique)

Tu as l'impression que la porte ne ferme pas ? Ben tu as raison.
Donc quand tu veux aller aux toilettes (dehors, tu as remarqué), tu cries "y a quelqu'un ?"

Si personne ne te répond, 3 possibilités :

1) c'est libre, tu peux y aller,
2) tu parles très mal espagnol et on ne t'a pas compris
3) tu parles bien espagnol mais l'occupant des WC non

...

On a parlé de l'eau non courante, pour l'électricité, c'est rationné aussi : le soir à partir de 18 heures (quand la nuit tombe), ça fonctionne. Si ton portable est déchargé dans la journée, tu attends. (En même temps y a pas Internet, donc ça ne dérange pas trop ;-)

Pour la nuit, on a planté nos tentes à l'étage, juste au-dessus de la salle de restaurant. Il y a un toit mais pas de murs. Tant mieux, c'est plus ventilé comme ça.

Bien proches les uns des autres... Tu sais tout de suite qui ronfle, alors que tu viens de faire connaissance, ça crée des liens.


Après une bonne nuit tempérée par la pluie, nous remballons tout, assistons au culte matinal à 7 heures - texte du jour + commentaires - prenons notre petit-déjeuner tous ensemble. Puis, "culte familial" = étude biblique de congrégation de la semaine - pas faite à la réunion de la veille, remplacée par un discours public + étude d'un article récent sur la joie.


Puis, sous la pluie, nous  rapatrions tous les bagages / matériel / nourriture au bateau (et y en a !) et nous repartons.

Notre première étape sera un endroit un peu particulier du fleuve où on peut voir, paraît-il, des dauphins roses.... Ce sera pour le prochain épisode !


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