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dimanche 22 janvier 2017

EN CREOLE A QUITO


Bonjour tout le monde !

Après notre bien jolie semaine à Cojimies, nous voici de retour à Quito, en créole, toujours.

Quelques images de notre service ici :



Notre présentoir


La photo n'est pas très nette mais j'y tiens : la deuxième en partant de la gauche est Veniece. Veniece est une jeune Haïtienne avec qui j'avais commencé l'étude en décembre 2015. Elle est venue à la réunion tout de suite. Vous la connaissez, elle nous avait invités à manger chez elle, c'est elle, à droite de la photo.

Quelques semaines seulement après avoir commencé l'étude ici, elle est partie au Brésil (comme la plupart des Haïtiens de l'époque).

Je n'ai pas eu de nouvelles pendant plusieurs mois puis, un jour, paf, un petit message de Veniece sur whatsapp. 

Veniece continue d'étudier au Brésil !!!! Il n'y a pas de groupe créole ni français dans sa ville. Elle étudie donc avec une soeur africaine qui parle un peu français (mais pas bien, m'a-t-elle dit...) et elles font l'étude mi-français mi-portugais... Comme elles peuvent.

De temps en temps, Veniece essaie d'aller au groupe français qui se trouve un peu loin de chez elle et elle se met au portugais. Elle assiste aux réunions en portugais. 

Nous sommes en contact régulièrement. Par exemple, quand elle prépare son étude et qu'elle ne comprend pas bien quelque chose, elle m'écrit ou elle m'appelle. Et je l'aide avec plaisir :-) 

Une fois c'était sur la prophétie de Cyrus conquérant Babylone. Notre dernier sujet de conversation porte sur la question "est-ce qu'on peut plaire à Jehovah en portant des bijoux, du maquillage ?". 

Cette question revient assez souvent chez les Haïtiens. Certaines branches évangélistes enseignent que c'est mal en utilisant certains versets de la Bible. Veniece se posait la question et m'a envoyé les versets en question. Nous devons en reparler.

Et elle m'envoie des photos ; celle du dessus prise à une assemblée au Brésil. 

Tout ça pour dire que ça nous touche beaucoup de penser qu'on a semé des petites graines et qu'elles germent tout doucement ailleurs, dans une autre langue, un autre pays - Ecclésiaste 11 : 1, 6.

Autre leçon : il n'y a pas de barrière pour quelqu'un dont le coeur est touché. Veniece ne peut pas étudier dans sa langue mais elle ne s'en sert pas comme excuse pour ne pas progresser. 


Autres images prises sur le terrain : 

Moi avec Jefferson

Une grande partie des femmes Haïtiennes vivant en Equateur et n'ayant pas réussi à avoir de visas décident de faire un bébé. L'enfant né ici est d'office équatorien et permet à la maman d'avoir un visa résident. Si elle est mariée, le papa peut aussi avoir le visa. 

S'ils ne sont pas mariés, le père doit "prouver" qu'il est le papa : les parents doivent vivre ensemble et le papa doit déposer chaque mois sur un compte bancaire ouvert au nom de l'enfant une certaine somme d'argent. Les parents ne peuvent pas toucher cette somme. Et si on a tout bien compris, l'enfant récupère cet argent à sa majorité. 

L'idée est d'éviter que les immigrés fassent des bébés juste pour avoir le visa (bon, ça, ça ne marche pas trop, elles font toutes ça...) et surtout pas avec n'importe qui. Un "trafic" est un peu suspecté : certaines femmes seules ici (beaucoup ont leur mari à Haïti ou en République Dominicaine)pourraient payer un homme pour qu'il prenne en charge le bébé et comme ça les deux parents peuvent avoir le visa. 

C'est pas joli joli... Le côté obscur - et triste- de l'immigration clandestine, quoi. 

Bon, pour le bébé du dessus, ce n'est pas le cas. J'étudie avec Natacha sa maman, Ludo étudie avec Sony le papa. Ils sont mariés, vivent tous les deux à Quito. Et Jefferson leur permettra d'avoir le visa résident. 

Et accessoirement, de faire venir leurs autres enfants, restés à Haïti, qu'ils n'ont pas vus depuis plusieurs années.


Photos prises un samedi matin à Comité del Pueblo

Toujours côté prédication, nous utilisons énormément whatsapp. Ainsi que Facebook, qui l'eût cru ?!? Même obligés de se créer un compte !

On vous explique ce qu'on fait avec whatsapp ??? Des fois que ça vous donnerait des idées....

Tous les lundis après-midis, à 13 h 30 exactement (bon, c'est l'idée en tout cas ;-), nous commençons notre prédication de la même façon. 

Ludo prépare un message avec le programme des réunions de la semaine. Cela donne à peu près ça, c'est le programme de la semaine passée. Et il me le transfère. 

Bonswa! Kijan ou ye? 
M te vle fè w konnen tèm diskou yo nap bay nan Sal Wayom nan semen sa a
(http://wol.jw.org/ht/wol/d/r60/lp-cr/202017007)

REYINYON JEDI 19:30 PM
Ezayi 34-37
"Jewova te rekonpanse Ezekyas pou lafwa l"
Videyo : "O Jewova mwen fè w konfians" 
(Videyo an antye https://www.jw.org/ht/piblikasyon-yo/videyo/wa-ezekyas-te-fe-bondye-konfyans/)
1-Ki gwo pwoblèm ki te devan Ezekyas?
2-Ki jan Ezekyas te aplike prensip ki nan Pwovèb 22:3 a lè l t ap panse ak moun Asiri ki t ap vin anvayi vil la?
3-Poukisa Ezekyas pa t vle lage vil la nan men Asiri, ni fè yon alyans avèk Ejip?
4-Ki jan Ezekyas kite yon bèl egzanp pou kretyen yo?
5-Ki sitiyasyon ki ka teste konfyans nou genyen nan Jewova jodi a?

DIMANCH 
Pa gen reyinyon dimanch sa a

On y trouve donc le programme du jeudi soir, avec la lecture biblique prévue, les titres des sujets qui peuvent intéresser les étudiants, la ou les vidéos programmées. On envoie aussi le lien sur le site ou sur la bibliothèque en ligne. 

On mentionne également le titre du discours du dimanche ainsi que l'article de "Toudegad" qu'on va étudier et les questions de révision (pas de réunion ce dimanche car visite de zone hier).

Et on envoie ça à tous nos étudiants, visites, connaissances, etc.

Cela nous permet de garder le contact avec des Haïtiens qui habitent loin ou dont nous n'avons pas l'adresse (un truc très bizarre chez les Haïtiens ; ils sont incapables de te donner leur adresse précise - alors qu'à Quito les rues et les maisons sont plutôt bien numérotées)(je vous raconte quelques exemples "d'adreses" qu'on nous a données, vous allez comprendre !)

Le but est surtout d'encourager les étudiants à assister aux réunions. 

A la dernière assemblée, on avait fait pareil, on avait préparé un message d'invitation avec envoi du programme. Et Wilner, un jeune Haïtien qu'on avait rencontré la semaine de l'assemblée, est venu le dimanche. Ludo n'étudie pas avec lui (bah ouais, trop d'études, que veux-tu, c'est pas facile) mais lui avait envoyé le message. Et Wilner nous a dit "ben oui, je suis venu parce que j'ai reçu ton message". 

Et faut avouer, les vidéos font un travail fabuleux et plaisent beaucoup. 

Une fois, j'ai oublié d'envoyer le message à une de mes étudiantes (dans le lot, tu comprends ;-). Le mercredi, quand je suis arrivée pour l'étude, elle m'a dit : 

- "y a pas de réunion cette semaine ?" 
- "si, pourquoi ? tu veux venir ?"
- "je ne pourrai pas venir mais tu ne m'as pas envoyé le programme"

Ah oui.... en effet. Je t'envoie ça ce soir en rentrant ;-)

Et dans notre territoire, c'est important de bien connaître le programme des réunions. Quand on invite quelqu'un à la réunion, ça arrive quand même régulièrement qu'il te demande "de quels thèmes on va débattre ?" (oui, "débattre" est bien le mot qu'ils emploient...)

Autre utilisation de whatsapp, j'ai pris l'habitude d'envoyer les versets clés vus lors de l'étude en rentrant à la maison le soir. Si on a regardé une vidéo, je l'envoie aussi. Cela aide les étudiants à se rappeler ce qu'on a vu (on fait souvent l'étude sur le lieu de travail donc la concentration n'est pas au maximum), ils peuvent revoir tranquillement les versets dans leur propre Bible. 

Et maintenant, la plupart des étudiantes me disent à la fin de l'étude "tu m'envoies le résumé de ce qu'on a fait par whatsapp ?"

Mais oui, avec plaisir !

Autre "astuce", comme on fait plusieurs études dans la rue (lieux de travail), les étudiants n'ont pas souvent leur brochure ou leur livre. Du coup, la veille ou l'avant-veille, j'envoie en audio, toujours sur whatsapp, la leçon de la brochure qu'on va étudier. Comme ça, les étudiantes peuvent au moins l'écouter avant l'étude. C'est pas mal, je trouve. 

Et pour ceux qui n'ont pas un "telefon entelijan" comme on dit en créole, on utilise Facebook. 

Ludo et moi trouvons que, depuis qu'on fait ça, on a vraiment créé du lien avec les étudiants. Et oui, au lieu de les voir une fois par semaine, du coup, on reste en contact tout au long de la semaine. Et si on part en vacances, par exemple, on a droit à des messages du style "mw pat tandew" ; ce qui veut dire en gros "j'ai pas eu de tes nouvelles". 

Donc, ces petits messages très réguliers créent une sorte d'habitude et un manque lorsqu'on ne le fait pas. C'est plutôt bien, non ?

Les nouvelles technologies ou comment créer l'addiction ;-) Pour une fois, dans le bon sens !!!

Vu qu'on trouve que ça marche bien, on a fait une petite séance "formation whatsapp à la prédication" dans notre groupe de prédication. Et depuis, certains s'y sont mis et nous disent "c'est bien ! les étudiants sont contents ! et j'ai prêché toute l'après-midi chez moi alors qu'il pleuvait à torrents!!" Et oui, que du positif !

Donc, on partage aussi avec vous, histoire de ne pas être "radins" :-)

Je vous avais promis quelques perles d'adresses qu'on nous a données : 

- "en l'air, dans la maison jaune-abricot"
- "tu vas à la maison au portail vert"
- "tu vas à la maison du chien fou, y a un Haïtien qui sait où on habite, tu lui demandes, il va te dire"
- "près de l'église"

Pour rappel, il y a plus de 2 millions d'habitants à Quito !!! Et des maisons jaune-abricot et des églises et des chiens fous absolument partout.... 

On arrive quand même à avoir le quartier mais ça reste compliqué. 

Notre méthode (mais ça ne marche pas - lol) c'est d'appeler et de dire "tu sors de chez toi, tu vas voir au bout de la rue le nom de la rue et tu regardes le numéro de ta maison et tu me dis". 

Bah... trop compliqué... (et je sais ce que vous vous dites : "peut-être ils donnent pas leur adresse parce qu'ils veulent pas être visités, non ?"  Ben, honnêtement, même pas !)

J'ai quand même réussi à avoir quelques noms de rue (maintenant j'attends les numéros)(faut être patient). Certains dans la congrégation sifflent d'admiration quand ils savent que j'ai eu le nom de la rue !!! 

Faut dire, je suis particulièrement persévérante (énervante ? harcelante ?)

Ah, et pour le fun, voici la traduction en créole de la toute fin du verset d'Isaïe 36.12 :

"moun ki gen pou manje pwop poupou yo e ki gen pou bwè pwop pipi yo". 

Allez voir en français si besoin !

Et autre expression qui nous a bien fait rire. On a diffusé à la salle le Broadcasting de janvier en créole (ah les frères au costume impeccable et à la raie bien de côté doublés en créole, c'est très drôle !!!). Et vous savez, à un moment, on dit que "seule l'élite" pouvait lire la Bible en latin. 

En créole, ça donne "sè selman gwo zouzoun yo"

J'en ris encore !



A suivre, notre réunion annuelle de pionniers, chez Sandy, comme souvent !

Ludo et Ketler sont en charge de la réunion :
Ludo plutôt cool 
(c'était AVANT que ça commence, rassurez-vous !)

Nous avons essayé d'avoir tous les pionniers sur une photo mais trop nombreux !

Sara, Christel, Elisa et Carolina
derrière Diana et Javier, Sandy debout 

 Sara, Elisa toujours, Carolina, Marcelia (la femme de Ketler), derrière Sandy qui prend une photo et Juan Pablo et Jessie


 Cassia et Jerry, Herol

Il manque moi !

Nous sommes donc 14 pionniers pour 26 proclamateurs. Et 5 anciens. C'est beaucoup, non ? Trop, même ;-)

Ce qui nous amène, Ludo et moi, à serieusement envisager de quitter la congrégation créole et la ville de Quito pour aller servir dans un endroit plus isolé.

Surtout que depuis que j'ai quelques heures de cours en plus, mon salaire nous suffira à vivre dans beaucoup d'endroits plus isolés d'Equateur. Donc, on veut vraiment profiter de cette opportunité pour aller là où beaucoup ne peuvent pas aller car ils ont besoin de travailler dans une ville. 

Nous, il nous faut juste une connexion Internet et le tour est joué !!! Ce serait vraiment dommage de ne pas en profiter !

Nous sommes donc en pleine réflexion pour notre futur déménagement :-)))

Nous en avons déjà parlé à notre surveillant qui nous a dit :

"vous avez 3 possibilités : 

1) vous allez où vous voulez* ;

2) vous écrivez à la succursale ;

3) vous me demandez mon avis et je vous répondrai "en Amazonie, en shuar. Ce n'est pas aussi extrême que tout le monde croit, y a des villes et Internet"

* si on décide d'aller où on veut, y aura sans doute des cocos, des palmiers, du sable et la mer...

Alors, on a quand même regardé la carte de l'Amazonie... et en fait, il y a pas mal de petits aérodromes... ce qui nous a surpris.

Mais, on s'est dit "s'il y en a autant, c'est mauvais signe, ça veut dire qu'il n'y a pas de routes... !!!!"

Et seulement 4 groupes ou congrégations shuar, ça fait de la peine car il y a environ 50 000 locuteurs en shuar et seulement un tiers parle aussi espagnol... beaucoup de besoins et d'accroissement. L'orateur visiteur du Béthel avait déjà mentionné à Ludo "tu sais, il y a beaucoup de besoins en quichua et en shuar". 

Bon, après réflexion, on ne sent pas trop d'apprendre encore une nouvelle langue maintenant. De plus, le shuar étant une langue indigène de l'Amazonie = pas de méthode écrite, langue difficile. 

Certes, beaucoup de besoin et d'accroissement en shuar mais soyons modestes ;-)

Allez faire un tour sur le jw en shuar, ça vous donnera une idée !


On a envie de prêcher en espagnol, dans un coin moins pollué que Quito, avec moins de bus !!! Nous allons donc écrire au Béthel. 

Et hier, nous avons eu notre visite de zone. Et bien sûr, ils ont remis une couche : 1er discours = réfléchissez si vous pouvez faire plus et servir dans un territoire non assigné ou isolé. 

L'orateur a dit "essayez de travailler 3 jours dans une ville et les 4 autres jours allez prêcher dans un territoire isolé pas trop éloigné de la ville où vous travaillez". 

On nous a aussi dit qu'il y avait "trop" de pionniers à Quito et Guayaquil et que ceux qui pouvaient/voulaient devaient bouger et quitter les grandes villes pour rejoindre des territoires moins parcourus. 

Pour vous donner une idée de l'accroissement, en 2016, 52 nouvelles congrégations ont été créées ;-)

C'est déjà ce que font pas mal de pionniers, ils travaillent quelques jours à Quito ou dans une autre grosse ville et le reste du temps ils sont dans leur territoire. Ce qui veut dire payer 2 logements, des trajets hebdomadaires... Un bel esprit de sacrifice !

Nous, on n'aura même pas besoin de faire ça, on pourra vivre à plein temps dans notre futur territoire et c'est vraiment une belle opportunité qu'on ne veut pas manquer !

Nous vous tenons au courant !!! Nous aussi, on a trop hâte de savoir où on va ! Patience, patience...

Allez sur ces quelques nouvelles, nous vous embrassons tous !

2 commentaires:

  1. Wow!! Vous allez ecrire au Bethel alors?...bonne décision... Espérons qu'ils vous répondront 'Cojimies' lol... Ca serait trop bien mais bon, il faut voir ce que Jéhovah veut pour vous! ;) on a hâte de le savoir...gros bisous et que Jéhovah vous bénisse énormément. Alli&NoNo

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  2. ah c'est sûr, si Cojimies est dans la liste... A moins qu'on tombe sur Ducur ! Ou Pedernales ? On va essayer de rédiger la lettre cette semaine et l'envoyer avec notre demande pour l'EER, avant la semaine spéciale. Et on verra !!! Trop excitant ;-)

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